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Infographie des parcours – Septembre 2019 – Parcours Santé & Coordination
Du parcours de vie au parcours patient – Septembre 2019 – Parcours Santé & Coordination

Le parcours est défini comme un « ensemble des étapes, des stades par lesquels passe quelqu’un, en particulier dans sa carrière [1]», il n’est pas envisageable de le réduire en ces termes dans le domaine de la santé. Si la description et l’analyse des parcours est possible, il est important de ne pas le considérer comme une succession d’étapes, ou même d’obstacles, que devraient franchir les patients ou les soignants.

Ce processus a pour objectif de répondre de la meilleure façon possible à un problème que rencontre le patient ou les soignants au cours de sa prise en soins : il s’agit donc de l’orientation vers la solution thérapeutique jugée optimale lors de cette étape de vie, en prenant en compte son passé et ses projets futurs.

Nous pouvons admettre ceci : le parcours de vie, englobe le parcours de santé, qui comprend lui-même le parcours de soins et le parcours patient qui peuvent se traduire par les chemins cliniques.  

Nous allons définir ces termes clés en respectant cette chronologie précise.

  • Le parcours de vie  

La Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie (CNSA) a présenté dans un rapport intitulé « promouvoir la continuité des parcours de vie », publié en 2012 une définition du parcours de vie : « La notion de parcours de vie recouvre le cheminement individuel de dimensions de sa vie : personnelle et relationnelle, professionnelle et sociale, familiale et citoyenne. Utilisée dans le champ de la santé (au sens large de l’OMS), la notion de parcours de vie désigne l’ensemble des événements intervenant dans la « période » et transition du bien-être physique, mental et social, sa capacité à prendre des décisions ou à maîtriser ses conditions de vie, ses interactions avec son entourage [2] ». Le parcours de vie comprend donc l’ensemble des événements vécus par un individu, de sa naissance jusqu’à sa mort. Il prend en compte, sa construction lors de son enfance, ses aspirations, son vécu professionnel, familial, social… Qu’il soit ou non confronté à la maladie chronique ou aiguë.

  • Le parcours de santé

La haute autorité de santé (HAS) définit les parcours de santé comme suit « Les parcours de santé résultent de la délivrance coordonnée de prestations sanitaires et sociales pour répondre aux besoins de prévention et de soins des personnes, dans le cadre de dépenses maîtrisées. Pour cela, les professionnels doivent s’organiser de telle sorte que soient délivrées les bonnes prestations aux bons patients, au bon moment et par les bons professionnels [3] ». Le mot prévention est ici primordial. En l’employant, nous pouvons donc considérer que la personne n’est pas obligatoirement malade. Les comportements de santé sont donc déterminants du parcours de santé de la personne concernée. Nous pouvons ainsi dire que dès l’enfance, et tout au long de la vie, nous sommes concernés par le parcours de santé, les campagnes de santé publique nous le prouvent par différents programmes nationaux comme « manger-bouger[4] » s’adressant à des publics jeunes ou les campagnes de vaccination en période de grippe, pour une population plus âgée par exemple.

  • Le parcours de soins

Le mot soin trouve son sens dans les parcours. Nous pouvons comprendre ici que la personne présente une situation de faiblesse physique ou psychologique, aiguë ou chronique, qui nécessite une prise en charge médicale, et éventuellement un accompagnement. En 2015, l’ARS Bourgogne Franche-Comté en donne la définition suivante « Le parcours de soins comprend et décrit la prise en charge d’un patient/usager dans lequel interviennent les acteurs du système sanitaire hospitalier et ambulatoire [5] ».  Le parcours de soins exprime donc l’articulation entre la ville et l’hôpital et la nécessité d’une coordination pour la prise en charge des individus malades. Le parcours de soins coordonné correspond à un dispositif rendu obligatoire par l’assurance maladie. Il reprend également la notion de coordination des acteurs impliqués dans la prise en charge d’un patient [6].

  • Le parcours patient

Le parcours de soins et le parcours patient sont des termes aux similitudes importantes, leur utilisation est de ce fait rarement différenciée. Les auteurs[7] de l’ouvrage « structurer les parcours de soins et de santé » notent tout de même une distinction que nous trouvons intéressante : « Le parcours patient traite davantage du parcours de soins d’un patient au sein d’un établissement de soins, alors que le parcours de soins peut être utilisé pour définir un parcours qui peut avoir débuté et se terminer à l’extérieur d’un établissement de santé ». La personne est ici directement physiquement au sein de l’établissement de soins. Qu’elle reçoive des soins programmés ou non. Pour en avoir fait l’expérience lors de discussions, nous savons que cette notion peut faire débat au sein des professionnels mais nous restons favorable à son utilisation. En effet un individu à l’hôpital ne doit pas être réduit à un patient, son histoire, ses forces et ses faiblesses sont à considérer lors de son séjour. Toutefois, il est important de ne pas oublier qu’une personne hospitalisée doit s’adapter aux règles et aux fonctionnements de l’établissement qui l’accueille (heures des visites, nombre de visiteurs accepté, heure des repas, des soins, locaux…). C’est en cela que ce terme devient intéressant. Le patient peut connaître une perte de ses repères physiques et psychiques ; ne pas l’oublier ; c’est l’accepter et considérer que ce séjour peut être une période difficile à vivre pour lui et qui lui demande des stratégies d’adaptation différentes de celles qu’il peut avoir l’habitude d’adopter dans son quotidien en dehors de l’hôpital.

Il ne s’agit pas pour autant de confondre cette notion avec celle de « circuit » du patient qui consiste cette fois à décrire le « parcours physique » du patient au sein des établissements (dans lesquels, finalement, il se perd souvent !), mais bien d’identifier les différents acteurs hospitaliers médicaux, paramédicaux, sociaux ou bénévoles intervenant pour lui lors de son séjour. De la même manière, la gestion des « flux » de patients, qui concerne directement l’organisation des établissements qui pilotent les différentes étapes de prise en charge, ne correspond pas directement au parcours patient au sein des locaux, toutefois l’influence des flux ou du circuit du patient est à prendre en considération pour la création et le déploiement des parcours patient. 

  • Les chemins cliniques

Le Ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes, le 1er juillet 2015 a inscrit la définition suivante : « Le chemin clinique contient la description détaillée et l’analyse de la totalité du processus de prise en charge du patient, issus à la fois des données de la littérature que de l’observation de la pratique de terrain. Les différentes phases, étapes, actions, ressources nécessaires et personnels affectés ainsi que les interfaces (ex : organisation des consultations d’amont, coordination des soins avec les différents acteurs, etc.) sont identifiées. Le chemin clinique est partagé par l’ensemble des professionnels participant à la prise en charge du patient [8]». Il s’agit pour les soignants de suivre un « plan de soin type » partant des problèmes de santé, des données cliniques disponibles, des actions pouvant être réalisées sur prescription médicale et des actions sur décision infirmière (sur « rôle propre ») ou d’autres professionnels de santé pour arriver aux résultats attendus à l’aide d’une argumentation scientifique et des fondements théoriques fiables et justifiés pour un groupe homogène de patient [9].

Le soignant évolue dans une prise en soins pensée en amont, il est amené à être dans une démarche réflexive dite de « haut raisonnement clinique [10] ». Les chemins cliniques, sont en constante progression au sein des établissements de soins, ils sécurisent les patients et les professionnels. A terme l’informatisation de ces derniers et la possibilité de les poursuivre en articulation avec le domicile représente une action coordonnée et de qualité.

  • Une autre notion : le parcours complexe

Le parcours est parfois appelé « parcours complexe ». L’Article 14 de la Loi de modernisation du système de santé le définit ainsi : « Le parcours de santé est dit complexe lorsque l’état de santé, le handicap ou la situation sociale du patient rend nécessaire l’intervention de plusieurs catégories de professionnels de santé, sociaux ou médico-sociaux. Le recours aux fonctions d’appui est déclenché par le médecin traitant ou un médecin en lien avec ce dernier, en veillant à leur intégration dans la prise en charge globale du patient [11]». Cette définition a notamment été reprise au sein du cahier des charges des plateformes territoriales d’appui[12] (PTA), avec la mission N°2 « Appui à l’organisation des parcours complexes, pour une durée adaptée aux besoins du patient ». L’objectif est de venir en soutien des professionnels libéraux (les médecins traitants en 1ere intention) pour les aider à coordonner les parcours-complexes de ces patients, sans distinction d’âge ou de pathologie, de problématique, à la condition que cette dernière impose de mobiliser des professionnels de différents horizons pour l’accompagnement du patient concerné. Cette aide peut être apportée par un appui à la coordination du parcours par des professionnels formés à l’organisation de concertation pluri professionnelle par exemple. Les PTA sont actuellement en cours de construction au sein des Hauts-de-France.

Enfin pour aider les professionnels à identifier une « situation de parcours complexe » l’ARS ajoute au cahier des charges des PTA : « Les situations complexes peuvent être identifiées notamment :

· Par la fréquence des situations qui se présentent au médecin généraliste et par la multiplicité des acteurs les faisant intervenir (exemples : soins palliatifs, gérontologie, précarité, addictions…)

· Par leur fréquence faible au sein de la patientèle de médecin généraliste (exemples : besoin d’expertise sclérose en plaques, cancer, neuro vasculaire…) [13] ».

Le 1er point aborde de nouveau le concept de pluri professionnalité, le second aborde le « besoin d’expertise » dont peut avoir besoin le médecin traitant, et évoque de nombreux exemples.

Pour comprendre « Les Parcours », la sémantique est donc essentielle ! La maîtriser et identifier le sens de chacune de ces notions est indispensable avant de vous lancer dans votre projet. Parcours Santé & Coordination peut vous-y-aider, contactez-nous pour plus d’informations !

Morgane PIQUE


[1] Définition du dictionnaire Larousse

[2] Rapport du CNSA – promouvoir la continuité des parcours de vie -2012 – disponible sur : https://www.cnsa.fr/documentation/promouvoir_la_continuite_des_parcours_de_vie_2012.pdf

[3] Certification V2014 – Parcours du patient en V2014 – HAS

[4] Programme national nutrition santé. Pour aller plus loin : https://www.mangerbouger.fr/

[5] Reprise dans le guide « Pour une prise en charge adaptée des patients et usagers Lexique des parcours de A à Z Janvier 2016 » P.62 – ARS

[6] L’essentiel – Le médecin traitant et le parcours de soins coordonnés » infographie. Assurance maladie MAJ –janvier 2017.

[7] M.AISSOU, JP. DANOS, A. JOLIVET « Structurer les parcours de soins et de santé – politiques, méthodes et outils pour la mise en œuvre de la loi santé » – LEH édition- décideur Santé.  Pp 43-47 

[8] Instruction N° DGOS/R3/2015/222 du 1er juillet 2015 relative à l’appel à projets auprès des ARS pour l’accompagnement de projets pilotes permettant de prendre en charge en chirurgie ambulatoire des patients atteints de cancer

[9] « Plans de soins types, chemins cliniques et guides de séjour ». Blondel M, Psiuk T. Elsevier Masson, juin 2010.

[10] Le modèle trifocal – Psuick T. Abordé lors de l’enseignement de l’UE B2 –1ere année master coordination des trajectoires de santé – 10 avril 2018

[11] Article 14 de la Loi de modernisation de notre système de santé ajoutant l’article L. 6327-1 du code de la santé publique

[12] Cahier des charges de l’ARS Hauts-de-France : https://www.hauts-de-france.ars.sante.fr/system/files/2018-04/Cahier%20des%20charges%20AAC_PTA%20_avril%202018.pdf

[13] Le parcours complexes – cahier des charges PTA- ARS Hauts-de-France – P.5

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